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Donald Tusk, actuel Premier ministre du gouvernement polonais, vient de déclarer récemment que l’exploitation du gaz de schiste allait « engendrer une nouvelle ère dans le secteur énergétique en Pologne. »
Le Premier ministre a ainsi voulu témoigner ses pensées lors d’une conférence universitaire qui s’est tenue à Varsovie mercredi dernier. Toutefois, Donald Tusk souligne qu’il reste encore pas mal de travaux à effectuer avant que ce projet ne puisse voir le jour, et qu’il est nécessaire de formaliser l’encadrement juridique.
Donald Tusk : « Personne ne viendra risquer d’importantes quantités d’argent s’il n’y a aucune garantie de pérennité vis à vis de tels investissements. Il est également nécessaire de mettre en place un régime fiscal spécial pour cette manne économique, avec un système juridique qui puisse être profitable aussi bien pour notre propre pays, mais également avantageux pour ceux qui viendront coopérer avec nous dans cette aventure. »mip201205cpgrdk
Le gouvernement polonais estime que l’exploitation des ressources en gaz de schiste du pays représentera un tournant majeur vers une plus grande indépendance des approvisionnements dans le secteur énergétique. Il est vrai qu’à l’heure actuelle, un pays comme la Pologne dépend étroitement de la Russie pour ce qui est des approvisionnements en gaz.
Entre temps, au cours du mois de mars dernier, Piotr Woźniak , le directeur du centre national de géologie de Pologne, a déclaré que les ressources en gaz de schiste présentes dans le sous-sol polonais étaient loin d’être aussi importantes que ce qui fut imaginé ou promis. Il a précisé que sur la centaine de puits qui ont été creusés puis examinés, 13 d’entre eux se sont révélés concluants quand à la présence de cette ressource énergétique.
À titre personnel - ce qui n’engage que moi -, j’estime que la course à l’indépendance énergétique ne doit pas comporter d’importants risques comme celui de polluer les nappes phréatiques.
Un pays comme la Pologne a un immense chantier devant elle en matière de développement d’énergies dites renouvelables ( éoliennes, solaire, bio-énergies ..... ), et elle devrait s’y employer dès à présent. . S’il lui est nécessaire d’effectuer une transition énergétique, temporaire, de l’ordre de quelques décennies, en vue d’obtenir cette indépendance, pourquoi pas, mais le choix sur les énergies fossiles est lui dépourvu de toute pérennité, même à moyen terme.
Il ne faut pas oublier que d’ici très peu de temps, l’énergie va devenir un enjeux très colossale, non seulement à cause de la rareté des ressources fossiles, mais qui plus est des impacts environnementaux. Cela va contraindre de très nombreux pays à revoir leur modèle de développement. Si des entreprises étrangères venaient donc à exploiter les ressources fossiles en Pologne, ce n’est, qu’à moyen et long terme, qu’une faible vision des enjeux stratégiques économiques.
Bonjour,
J’ai pu lire çà et là que l’extraction du gaz de schiste entraînerai de façon inévitable la contamination de l’eau courante, celle du "robinet" notamment et qui la rendrait de facto impropre à la consommation ?
Dans votre article, vous mentionnez que ceux qui viendront extraire le gaz, sous entendu les pays qui enverront des entreprises pour extraire ce gaz, devront également en profiter : ne croyez-vous pas que la Pologne devrait financer majoritairement cette technique même ci celle-ci est coûteuse, car à terme, si le projet est une réussite internationale, elle serait la seule à en bénéficier. Au lieu de se tourner vers les américains ou je ne sais qui d’autres (scandinaves notamment et si je ne me trompe pas) encore, qui vont vouloir mettre leur "grain de sel" dans les affaires intérieures de la Pologne (on sait que les américains veulent asseoir leur emprise géopolitique, de plus en plus agressive, en Asie centrale et la Pologne semblerait être un bon allié géographique en la matière non pas de coopération mais géographique, une sorte de support logistique...) ?
A bientôt.
Bonjour Judith,
La très contreversée fracture hydrolique vient des USA et n’est " maîtrisée " que par un petit nombre d’entreprises US (même les autres multinationales comme Total sont à la traine). Effectivement Alexandre à raison : investir dans les renouvelables, j’ajouterais que les économies d’énergie à réaliser sont bien supérieures à l’Europe occidentale...
Bonjour Nico,
Vous dites dans votre réponse que même les entreprises étrangères comme Total sont à la traîne, mais Exxon, entreprise internationale américaine spécialiste dans l’environnement, a déjà mis un pied en Pologne afin d’évaluer, avec notamment d’autres sociétés, la dangerosité de l’extractation du gaz de schiste par fracturation, et apparemment ladite société américaine aurait été conviée à la demande de la Pologne et compte bien participer majoritairement à l’aventure, si aventure il y avait...
Je pense que leur participation en Europe centrale ne serait plus de nature culturelle au sens où nous l’avons connue jusqu’à présent en occident, même si cette condition est encore une des raisons de leur présence et de facto influence dans le monde, mais effectivement bien géopolitique, au XXIème siècle, dans cette autre partie du monde.
Ils sont tout à fait prêts à s’implanter partout où leurs intérêts peuvent encore s’affirmer quelque part. Je ne pense pas qu’ils soient à la traîne du point de vue écologique, peut-être un peu en retard, tout à fait prêts économiquement à relever le défi de la bataille énergétique des énergies renouvelables, mais simplement en train de se préparer à participer à leur implantation définitive en Europe centrale et orientale, pour des raisons encore une fois géopolitique comme dit supra mais aussi pour pouvoir alimenter en énergie leur population et concurrencer la Russie politiquement.
A bientôt.