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Un petit feuilleton médiatico politique est en train de se jouer au dessous des fenêtres du bureau du Premier ministre polonais qui y voient depuis quelques jours des toiles de tentes implantées par un réseau de protestataires opposés à la nouvelle réforme des retraites fixée à 67 ans. La polémique a atteint l’hémicycle parlementaire, les médias faisaient encore hier soir l’état des lieux d’un compromis. Ce n’était pas sans compter sur un nouveau rebondissement en cette date de vendredi 30 mars, où les syndicats de Solidarność tiennent à faire part de leur hostilité vis à vis du soit disant compromis, d’autant plus que les députés polonais doivent de prononcer dans la journée sur le vote dudit compromis concerné.
La coalition centre droit – agraire formée du parti de centre droit ( Plate-forme Civique , PO ) et du parti agraire ( Parti des Paysans polonais PSL ) s’est accordée sur un compromis pour fixer l’âge de départ à la retraite à 67 ans, aussi bien pour les hommes comme pour les femmes, et ce après quelques semaines de tensions entre les deux camps. mip201203cpgrdk
Le partenaire minoritaire au sein de la dite coalition, à savoir le Parti des Paysans Polonais (PSL), a réussi à porter sa pierre à l’édifice vis à vis du projet de loi que comptait apporter le parti libéral de la Plate-forme Civique sur l’âge de la retraite, notamment lors des élections législatives du mois d’octobre dernier. Il s’agissait de faire quelques pressions afin de pouvoir constituer la nouvelle coalition gouvernementale.
À l’heure actuelle, les hommes peuvent partir à la retraite en Pologne dès 65 ans et les femmes dès l’âge de 60 ans. Celui qui est vice Premier ministre, également le dirigeant du Parti des Paysans Polonais, et qui dispose du siège de ministre de l’économie, alias Waldemar Pawlak, a réussi à obtenir des concessions dans ce projet de loi, comme par exemple des départs à la retraite anticipés moyennant une baisse des pensions, non pas uniquement lors de la période d’anticipation, mais aussi tout au long de la retraite.
Waldemar Pawlak : « Si le parti PSL n’était pas intervenu, la réforme aurait consister à limiter le départ de l’âge de la retraite à 67 ans. Apparemment, le compromis ainsi obtenu laisse au citoyen un libre choix. ». Il s’en est auto congratulé, expliquant que cela fut obtenu suite à une laborieuse période de négociations, même s’il avoue qu’il aurait pu obtenir un meilleur compromis.
Cette réforme des retraites fait parti du programme du parti de la Plate-forme Civique afin de réduire les dépenses publiques et augmenter les fonds disponibles du Trésor Public polonais, d’autant plus que la part de la population de personnes âgées est en nette croissance en Pologne tandis que celui de la jeune population active est en train de diminuer. Par ailleurs, la population polonaise ne fait pas beaucoup d’enfant. Cette réforme s’aligne sur celle des libéraux et des conservateurs de centre droit à l’échelle européenne.
Donald Tusk, Premier ministre polonais, estime que cette réforme est fondamentale, car d’après les statistiques les plus récentes, le quota de travailleurs polonais à celui des retraités est désormais de 3 travailleurs pour un retraité. D’ici 2040, il se pourrait que cela passe à deux salariés pour un retraité, et en 2060, il y aura un travailleur pour un retraité.
Toutefois, d’ici les prochaines décennies, si l’économie polonaise est en nette croissance, il se peut aussi qu’elle ai recours à l’immigration de masse, afin de pouvoir pallier au manque de main d’œuvre ainsi qu’à la diminution de la population polonaise actuelle. Dans certains pays européens comme la France, l’immigration représente une véritable opportunité économique, peut être est ce là une stratégie que devraient étudier les libéraux du centre droit.
Par ailleurs, le parti conservateur de droit qu’est Droit et Justice (PiS) , ainsi que la formation socialiste de l’Alliance Démocratique de Gauche (SLD) , n’ont pas manqué le traditionnel rendez vous contestataire à l’encontre du projet de réforme. Ils ont même lancé l’idée d’organiser un référendum national à ce sujet.
Le syndicat Solidarité Solidarność vient de réussir à mobiliser plus de 50000 personnes qui doivent aller protester aux alentours du Parlement polonais pour exiger que les députés polonais demandent une motion impliquant un référendum sur cette question pour le moins épineuse. Piotr Duda, l’actuel dirigeant du syndicat, a déclaré que le compromis obtenu était un compris pourri.