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Le Souverain s’est donc entretenu avec le premier ministre hier soir pendant près de 4 heures. La situation est à nouveau critique puisqu’on sait maintenant qu’au cours de son entretien avec monsieur Leterme, le président de la Chambre Herman Van Rompuy (CD&V) mais aussi Didier Reynders (MR) et Jo Vandeurzen (CD&V) ont également été appelés au Château du Belvédère. Selon un communiqué du Palais Royal, le Roi tient momentanément sa décision en suspens d’accepter ou pas la démission du gouvernement Leterme Ier .mip2008fwbk
Il faut donc se rendre à l’évidence que monsieur Leterme n’aura pas réussi son pari de réussir à trouver un accord entre les deux communautés sur les réformes institutionnelles.
Le premier ministre a également souligné que malgré tous les efforts fournis jusqu’à présent il fallait se rendre à l’évidence que la vision des choses était différente au nord et au sud du pays. Pourtant une réforme de l’Etat est la condition « sine qua non » pour enfin parvenir à un accord de gouvernement. Pour le Premier, ceci démontre les limites d’une concertation unique au sein du gouvernement fédéral. Il faudrait, selon lui, que les concertations en ce qui concerne l’institutionnel puissent se faire entre les entités fédérées et non plus uniquement au niveau fédéral.
Au risque de se répéter une énième fois, le problème majeur provient toujours du fait que les partis néerlandophones revendiquent le « droit de sol » qui à leurs yeux est primordial quand on sait que lors de la création de la frontière linguistique dans les années 60 Brussel se trouvait, et est toujours, en territoire flamand. Pour les francophones, on voit le problème sous un autre angle : la loi du nombre doit faire force. Avec l’évolution économique du pays, bon nombre de citoyens francophones se sont établis en région flamande et c’est ainsi que certaines communes de l’agglomération bruxelloise qui auparavant étaient majoritairement néerlandophones sont maintenant devenues minoritaires et donc pour entamer une véritable réforme de l’Etat il faut impérativement passer auparavant par un élargissement de la Région de Bruxelles-Capitale.
Trois Etats fédéraux serait-ils la solution ? Donner aux gouvernements flamand et wallon plus d’autonomie au niveau de la sécurité sociale, des pensions ou encore de l’impôt sur les personnes physiques. Les limites de la Région de Bruxelles-Capitale pourraient être revues et la région serait alors gouvernée à 50-50 par les deux communautés et on pourrait même se prendre à rêver à une parfaite cohabitaion flamands-wallons comme c’est le cas de plusieurs communes situées sur la frontière linguistique qui ont tout simplement tenté l’expérience « d’échanger » des fonctionnaires communaux afin que le citoyen puisse s’exprimer dans la langue de son choix (et cela fonctionne...).
L’Etat fédéral qui serait alors composé de trois entités fédérées resterait alors en place non pas pour prendre des décisions mais servirait simplement à préserver l’équilibre national et serait réduit à sa plus simple expression composée de personnes qui pourraient conseiller, le cas échéant, les Etats fédérés en bon père de famille comme le ferait un directeur de société qui oeuvre pour le bien-être de son entreprise et de ses employés...
Il est fort probable que si la Nation flamande pouvait s’auto-gérer comme elle le souhaite, certaines concessions pourraient même être accordées aux francophones mais ceux-ci ne semblent pas encore prêts à faire le « grand saut » vers un séparatisme qui pourtant, petit à petit, semble inéluctable.