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Parmi les polonais et les polonaises qui ont joué un rôle important contre les crimes commis par les nationaux socialistes allemands lors de la seconde guerre mondiale, on compte Irena Krzyżanowska, plus connue sous le nom d’épouse de Irena Sendlerowa, qui vient de décéder à l’âge de 98 ans le 15 mai 2008 à l’hôpital de Varsovie. Elle est connue pour avoir participé à un mouvement qui a permis d’éviter l’extermination d’un peu plus 2500 enfants juifs. Son action aura servi d’exemple, puisqu’elle s’est faite connaître comme une femme remarquable. Lors de la seconde guerre mondiale, elle a su s’organiser pour réussir à sauver 2500 enfants juifs provenant du Ghetto de Varsovie en leur fournissant à la fois de faux papiers mais aussi en les faisant héberger dans des foyers d’enfance à l’extérieur du Ghetto. Elle a habillement crypté et dissimulé les informations personnelles relatives à chacun de ces enfants dans des bocaux en verre, ce qui a permis par la suite de retrouver l’identité de chacun de ces enfants au lendemain de la guerre. mip2008cpgrdk
De nombreux hommages, y compris en provenance de la communauté juive de Pologne et de la Chancellerie présidentielle ont eu lieu. Golda Tencer, directeur de la Fondation Shalom de Varsovie, a expliqué que Irena Sendlerowa disposait d’une belle âme. Il s’estime heureux de pouvoir l’avoir rencontrée et de la compter parmi ses amies. Elle serait restée une personne réjouissante et ce jusqu’à la fin de ses jours. Le monde est en deuil en conclu le directeur. L’un des derniers survivants de l’insurrection du ghetto de Varsovie, Marek Edelman, a même été jusqu’à affirmer que ses exploits surpassaient l’ensemble des exploits que l’on pouvait rencontrer chez les gens les plus ordinaires. Ewa Junczyk Ziomecka a fait remarquer que Irena Sendlerowa avait expliqué qu’on ne pouvait pas étiqueter les peuples de bon ou de mauvais. Elle porte cet enseignement de son père, qui avait expliqué qu’on ne pouvait diviser les peuples en fonction de leur appartenance raciale ou religieuse. Le jour de sa mort sera aussi celui où elle a donné son nom à une école à Varsovie. Le représentant de l’association des communautés juives de Pologne, Piotr Kadlcik, a exprimé le fait que Irena Sendlerowa ne sera jamais assez remerciée pour le bien qu’elle a fait. Elle a aidé la nation juive à survivre, ce fut une personne qui a rendu l’existence humaine magnifique.
Les médias allemands se sont aussi penchés sur l’existence de Irena Sendlerowa. Certains journaux l’ont même surnommée « L’Ange du Ghetto de Varsovie » ou encore « L’Héroïne de la Pologne ». Les journaux ont comme même mis l’accent sur le fait que Irena Sendlerowa ne s’était jamais considérée elle même comme une héroïne. Elle a même expliqué que sa conscience souffrait car elle ne pouvait pas faire mieux. Certaines comparaisons ont d’ailleurs été faites avec l’industriel allemand Oscar Schindler qui avait réussi à sauver un millier de juif de l’Holocauste. Le 8 mai des étudiants ont projeté, auprès de membres de l’ambassade polonaise à Berlin et de membres du sénat allemand, un court métrage qu’ils avaient réalisé de Irena Sendlerowa.
Irena Sendlerowa avait été à la tête du département rattaché à l’enfance de Żegota, c’est à dire une organisation clandestine d’aide à la population juive qui avait été créée juste après que la Pologne se soit faite envahie par l’armée allemande nazi en 1939.Plus de 450000 juifs avaient été enfermés au sein du Ghetto de Varsovie. C’est en 1943 que les nazis avaient commencé l’extermination du Ghetto de Varsovie. Le but de l’association de Irena Sendlerowa fut d’essayer de sauver le plus d’enfants juifs possible. Leur groupe était principalement composé de femmes, toutes des volontaires. Deborah Dwork, professeur d’Histoire spécialisée sur la question de l’Holocauste et universitaire américaine, a expliqué, à travers son ouvrage « Des enfants avec une étoile », que Irena Sendlerowa fut à l’origine d’un mouvement qui a permis de sauver plus de 2500 enfants juifs, ayant directement sauvé elle même 400 enfants. L’un de ces enfants, Elżbieta Ficowka, sauvé en 1942, témoigne : non seulement elle a sauvé tous ces enfants juifs, mais elle a aussi sauvé les enfants de ces enfants et les petits enfants de ces enfants. Si le département de l’enfance du Ghetto de Varsovie a permis de sauver 2500 enfants juifs, l’ensemble de l’association Żegota a permis de sauver plus de 100000 juifs polonais.
Tous les moyens étaient bons pour sauver ces enfants. Irena Sendlerowa utilisait son statut de fonctionnaire au sein des services de sécurité sociale pour obtenir l’autorisation de se rendre dans le ghetto. Vu les conditions de vie, l’ensemble de la population juive était susceptible d’être atteinte par toutes sortes de maladies, et les nazis avaient même installé des zones de quarantaine tout autour du ghetto. Les nazis craignaient que les maladies ne se répandent, c’est pour cela qu’ils ont permis l’envoi des services de santé. Elle et son équipe se servait du prétexte d’aller soigner le typhus pour entrer au sein de l’équipe sanitaire du Ghetto. D’autres falsifications de documents ont ainsi permis à d’autres membres de l’association Żegota d’entrer au sein du ghetto. Ils venaient chaque jour et insistaient auprès des parents pour que ces derniers leur laissent les enfants, ce qui leur permettaient de les faire sortir du ghetto et de les sauver. L’une des voies les plus fréquemment utilisée pour sauver les enfants juifs fut de passer à travers les tribunaux municipaux de Varsovie qui juxtaposaient le Ghetto. Il y avait des couloirs souterrains qui entraient directement dans le Ghetto. La police polonaise a même été corrompue afin de laisser passer le trafic. Les parents recevaient pour instruction de vêtir leurs enfants aussi bien que possible, et ce sans aucune étoile. Il est même arrivé que le ghetto s’élargisse au cimetière juif. Certains enfants juifs avaient été placés dans des cercueils, parfois la bouche collée ou sous sédatifs pour leur empêcher de crier. D’autres ont même été glissés dans des sacs de pomme de terre. D’autres fois, c’est un ambulancier accompagné d’un chien qui venait chercher les enfants, les enfants étaient placés sous le plancher tandis que le chien aboyait pour couvrir les cris de l’enfant. Une église localisée à côté du Ghetto permettait d’envoyer des enfants au confessionnal, ces derniers ressortaient avec de nouveaux papiers attestant qu’ils étaient catholiques, ce qui leur permettait d’accéder à un couvent ou une maison d’orphelinat. D’autres enfants furent placés dans des hôpitaux ou dans des familles. Dans l’espoir de pouvoir réunir les enfants des familles des déportés, elle avait enregistré les noms des enfants.
Irena a aussi fait remarqué le courage de certaines mères juives. Celles-ci lui demandaient si le fait de leur confier leurs enfants était assorti de garantie de sécurité, et elle leur répondit que non. Soit les familles lui confiaient ses enfants, soit elles lui disait de revenir plus tard, mais plus tard il était souvent trop tard car les familles étaient déjà déportées. La police allemande est aussi venue l’arrêter en 1943. Á ce moment, c’est l’un de ces assistants qui avait pris la liste des noms de l’ensemble des enfants pour la cacher. Irena a repris plus tard l’ensemble des enregistrements, les a cachés dans des bocaux en verre qu’elle a pris le soin d’enterrer sous un arbre. Á cette époque, toute personne qui était suspectée d’aider la population juive était susceptible de se faire directement exécuter avec les membres de sa famille. Irena Sendlerowa a été emprisonnée à Pawiak où elle a été torturée, mais n’a pas dénoncé ses coéquipiers.
Irena Krzyżanowska est née le 15 février 1910, à Otwock, d’un père médecin. Lors de la seconde guerre mondiale, elle était l’épouse de Mieczysław Sendler, mais elle a divorcé et s’est remariée avec Stefan Żgrzembski avec qui elle a eu deux fils et une fille. Elle est décédée en ce 15 mai 1998 en laissant derrière elle un souvenir inoubliable. En 1965, elle a été reconnue par l’institut de Yad Vashem comme Juste Parmi les Nations. Elle a aussi reçu la croix de Chevalier par l’institut israélien, mais pas avant 1983 puisque les autorités soviétiques lui avaient interdit de se rendre en Israël. En 2003, le Pape Jean Paul II lui a écris personnellement pour la remercier de ses efforts. Elle a reçu la plus haute distinction polonaise en 2003, à savoir l’Ordre de l’Aigle Blanc. Elle fut reconnue pour son courage et pour son coeur par le centre américain de la culture polonaise de Washington. Le 14 mars 2007, elle a été honorée par le sénat polonais. Elle était nominée pour le prix Nobel de la paix en 2007, mais ce prix a été remporté par l’ancien vice-président américain Al Gore.