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Les festivités concernant la célébration de la constitution polonaise devraient se produire le 3 mai prochain au parc de Pilsudki à Varsovie. Au programme, l’armée polonaise devrait effectuer son traditionnel défilé, accompagnée des forces de l’ordre ainsi que des douaniers, et se rendre auprès de la tombe du soldat inconnu.
La constitution polonaise a été adoptée le en 1791 et représente la première constitution codifiée en Europe et la seconde au niveau mondial. L’actuelle constitution polonaise a étendu les pouvoirs du Président de la République de Pologne, notamment des compétences supplémentaires en matière de politique étrangère. La constitution polonaise permet de répartir les pouvoirs au sein de l’exécutif, entre le Président de la République et le gouvernement. Le président polonais est le plus haut représentant de l’Etat, intervient dans le processus d’élaboration des lois, doit protéger la constitution polonaise ainsi que la souveraineté et la sécurité du territoire polonais et des frontières polonaises. Le gouvernement dispose aussi de compétences partagées, comme par exemple en matière de politique étrangère. Dans ce domaine, le rôle le plus important du président est de représenter la Pologne, il peut donc nommer mais aussi exiger la démission des ambassadeurs et des diplomates présents à l’étranger ou auprès des organisations internationales. Il peut aussi recevoir les représentants des autres pays et des organisations internationales. Néanmoins, la constitution polonaise exige de la part du Président de la République de Pologne de devoir collaborer avec le Premier Ministre en matière de politique étrangère ainsi qu’avec les différents ministres chargés des affaires étrangères. La constitution octroie aussi au Conseil des Ministres le soin d’organiser la politique intérieure et la politique étrangère. Ainsi, en cas de cohabitation, comme c’est le cas entre l’actuel président, Lech Kaczynski, appartenant à la formation conservatrice Droit et Justice, et le gouvernement plus libéral de la Plate-forme Civique, l’obligation de collaboration en matière de politique étrangère pose des problèmes aux deux camps. Les conflits sont d’autant plus importants que les politiques étrangères sont différentes et que les relations entre le président polonais et l’actuel ministre polonais des affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, ne sont pas les meilleures.
En temps de paix, la constitution s’applique en matière de politique étrangère aussi bien pour le gouvernement comme pour le président, mais en cas de conflit armé, c’est le président qui reste le seul à disposer des pouvoirs de politique étrangère. De même que le président polonais est le commandant en chef des armées polonaises, il a le devoir de prendre certaines décisions en ce qui concerne certains domaines des forces en question. Il représente aussi le chef de l’équipe des généraux. Son statut de commandant en chef lui permet de déclarer l’état d’urgence ou la loi martiale. Par contre, c’est l’Assemblée Nationale polonaise qui elle seule peut prononcer une déclaration de guerre ou un pacte de paix. Le président ne peut déclarer la guerre que si l’Assemblée Nationale n’est pas en mesure de pouvoir se réunir. A l’heure actuelle, ce problème se dégage vis à vis des nominations qui ont été proposées par l’actuel gouvernement en ce qui concerne les nouveaux généraux, nominations que le président reste le seul à pouvoir accepter. Il en est de même vis à vis du personnel diplomatique présent au sein des ambassades polonaises par le nouveau gouvernement, le président peut s’opposer à la nomination de nouveaux ambassadeurs, les diplomates ainsi mis en place par le gouvernement ne pourront qu’avoir le titre de chargé de mission, et non pas d’ambassadeur.
Lors du processus d’élaboration des lois, le Président de la République de Pologne peut exercer son droit de veto ou apposer son contreseing. C’est aussi le président polonais qui signe et ratifie les traités internationaux. Ce point se dégage à l’heure actuelle par la crise qui tourne autour de la ratification du Traité de Lisbonne, cette crise est d’autant plus importante que sa répercutions concerne l’ensemble de la construction de la Communauté Européenne.
Le président dispose aussi de la possibilité de nommer les représentants de l’Etat qui auront pour but de faire respecter ou de légiférer la loi, c’est à dire les personnes composant l’ordre judiciaire et administratif. Il peut ainsi nommer le Premier Ministre, les juges, le président de la Cour polonaise de Cassation, les différentes responsables du Conseil Constitutionnel polonais et du Conseil d’Etat polonais, les membres du Conseil National de Sécurité, les membres du Conseil de réglementation des Diffusions. Par contre, il ne peut pas nommer le président de la Banque Nationale Polonaise, pouvoir qui appartient à l’Assemblée Nationale polonaise.