|
|
|||||||||||
Le 07 novembre 2007, un vote historique en Commission de l’Intérieur de la Chambre avait eu lieu et finalement, tous les partis néerlandophones à l’exception de Groen avaient voté les propositions de loi flamandes visant à la scission de l’arrondissement judiciaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde. En quelques minutes à peine et sans que personne n’aie demandé la parole, le vote avait eu lieu, les représentants francophones avaient quitté la salle sous les applaudissements des parlementaires flamands.
A l’époque, les partis francophones avaient qualifié ce geste de « provocation » et les présidents de partis s’étaient réunis le soir à la Communauté française pour discuter de l’attitude à adopter : la procédure de conflit d’interêt avait été activée qui avait pour but de « mettre au frigo » cet épineux dossier pour une période de 120 jours.
Aujourd’hui, bien qu’un accord soit survenu au sein de la majorité du nouveau gouvernement Leterme 1er pour négocier le problème de BHV lors de la présentation du deuxième paquet de réformes institutionnelles à la mi-juillet, le président de la N-VA, monsieur Bart de Wever, et plusieurs parlementaires de la majorité (dont certains du CD&V) ont déjà annoncé qu’ils voteront les propositions de loi dès que possible.
La stratégie de monsieur Leterme est un peu floue : rien de bien concret n’a été évoqué jusqu’à présent concernant la manière de résoudre le problème BHV et bien qu’il était prévu, selon l’accord gouvernemental, de présenter à la mi-juillet des propositions négociées, il fallait tout de même tenir compte du fait que la procédure de conflit d’interêt se terminait fin avril. Comment va réagir le premier ministre ? Les partis francophones ne vont pas recourir à une seconde procédure identique qui renverrait l’examen de ce dossier au mois de septembre, il faut donc dès à présent entamer les négociations qui, on s’en doute, ne seront pas des plus aisées... Comment arriver en quelques mois à peine à satisfaire tout le monde là où d’autres ont échoués pendant de nombreuses années ?
Monsieur Leterme est assis sur une bombe à retardement : non seulement il doit parvenir à satisfaire les partis francophones sur une solution négociée concernant la scission de BHV mais aussi ne pas décevoir les 800.000 électeurs qui lui avaient fait confiance lors des élections du 10 juin 2007...sans compter sur son « ami » président de la N-VA, monsieur Bart de Wever qui voudrait voter la scission de BHV au plus vite ou encore Jean-Marie de Dedecker qui qui va encore plus loin en affirmant que : « la Flandre doit pour une fois oser utiliser sa majorité politique. Les partis qui plaident pour une solution négociée n’ont pas le droit de regarder les électeurs flamands droit dans les yeux... »